Rose ou Sanglier ?

Un buisson de roses épanouies, ruisselantes sous une pluie printanière, évoque l’espoir. Une image douce et paisible, en contraste étrange avec celle d’hier soir : une troupe de sangliers s’approchant furtivement de la maison.

Je les avais observés depuis mon balcon, mais vêtu d’un simple caleçon, je n’avais pas osé m’aventurer dehors. À peine le temps d’enfiler un pantalon et de chausser mes souliers qu’ils avaient déjà disparu, regagnant l’obscurité. Resté seul, grattant ma poitrine nue, je scrutais les traces de leurs sabots s’effaçant dans la boue, emportées par le vent chaud qui annonçait l’orage.

Un bus jaune s’arrêta devant chez moi. Deux amis, surgis d’une autre scène, vinrent me rendre visite, un peu gris, riant comme des cochons sauvages. La soirée s’écoula dans une douce banalité, bercée par des éclats de rire et le ronronnement de l’orage au loin.

Aujourd’hui, ces roses sous la pluie… Elles semblent respirer la sérénité. Pourtant, une question s’impose : y a-t-il des signes dans ces enchaînements ?

Une famille de sangliers dans la nuit électrique.
Deux amis venus chercher refuge dans la campagne.
Et ce buisson de roses scintillant sous la pluie matinale.

Ces événements seraient-ils des avertissements ?
Des invitations à une réflexion plus profonde ? À passer à l’action ?

Il me vient à l’esprit ce bébé corbeau perdu sur les rails d’un tramway, croassant désespérément. Aurais-je dû le ramasser ? Était-ce un présage, une histoire avortée avant même de commencer ?

Les Indiens, dit-on, savaient lire ces rythmes, ces apparitions qui tissent de nouvelles légendes, des histoires nées bien avant que nous n’en prenions conscience. Peut-être ai-je été la cible d’un esprit farceur, un protecteur tissant autour de moi des fils invisibles, des sortilèges m’appelant à choisir un chemin.

Mais la véritable question est pour vous, lecteur :

Êtes-vous le chevalier ou le dragon ? Le buisson de roses ou le sanglier ?

Prenez garde, car le conte est déjà commencé.